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Puis mon coeur s’est ouvert

Puis mon coeur s’est ouvert

Journal intime d’une Doula,
Page 18

4 Octobre 2022 – 10h38

Hum,

Je me sens… (je pars chercher ma liste des émotions je reviens).

Un peu angoissée et anxieuse, attristée, cafardeuse, confuse, déçue, désenchantée (je l’aime bien celui là depuis quelques temps), désolée, désorientée, fragile, fatiguée, gênée, hésitante, honteuse, inquiète, insatisfaite, instable, jalouse, mal à l’aise, navrée, peinée, secouée (je zappe des mots j’ai peur de vous ennuyer avec cette longue liste…) soucieuse, tourmentée.

J’me sens pas au top quoi…

“Puis mon coeur s’est ouvert”,

J’ai écris le nom de cette page 18 il y a deux semaines… Je croyais sentir mon coeur s’ouvrir et je sentais que je n’étais pas loin d’y être !

Puis enfaite non… Rien… Pas de grande prise de conscience sur “l’amour de moi et du monde”, pas de grand frisson dans mon corps, pas l’ombre de ce nouveau regard que j’attendais.

Enfaite il y a moi, mes démons, mes ombres, mes peurs, mes doutes, ma fatigue.

J’entend souvent des témoignages de personnes ayant eu de grandes prises de conscience, le cœur qui s’ouvre, après de grands “drames”. Ce genre de grands drames que la Vie nous fait vivre, ce genre d’évènement face auquel nous sommes totalement impuissant⸱e⸱s. Où l’on ne peut rien faire pour changer les choses.
A part notre regard. Ce qui change tout (ou en tout cas, beaucoup).

J’ai l’impression que mon grand drame, c’est moi.

Je m’auto-sabote, c’est comme ça qu’on dit nan ?

Ce week end j’ai pas été cool. J’ai été méchante même. Sans faire exprès je pense. Mais je sais que je suis capable de faire exprès (je vais tout de suite voir la définition de “méchant” sur internet)
“Qui fait délibérément du mal ou cherche à en faire, le plus souvent de façon ouverte et agressive (opposé à bon).”
Oui c’est ça.

Alors je lisais quelque part que lorsque l’amour cherche à se nourrir ses racines peuvent aller très loin dans le dark. Quelque chose comme ça. Je ne sais pas si vous me suivez.

Ben berk.

Fait chier.

Je ne vous ai pas encore parlé de mon “problème”. Je vous partage un journal intime mais je ne dis pas tout. J’ai la trouille.

Comme si j’allais mourir de vous le dire.

(Ma gorge se serre très fort et les larmes montent)

J’ai du mal à m’imaginer devenir maman, à accueillir la vie, tant que je n’ai pas pris soin à 100% de cette part de moi. Quel taff…

Peut être qu’en parler ici accélèrera le processus ! Et comme j’aspire à toujours plus de transparence et d’authenticité, j’y vais. Si en plus ça peut aider quelques humains alors c’est merveilleux.

C’est parti.

Depuis que j’ai 15ans, par période (en moyenne 1 fois par mois) je bois avec excès de l’alcool (pleure) et je fais ce qu’on appelle des “black out”. J’oublie une partie de la soirée. La particularité de ces moments c’est qu’apparait alors une part de moi que je nomme “le sheitan”, cette part de moi se fou royalement du regard des gens. Cette part de moi se défend vigoureusement de tout, même sans attaque.

Cette part de moi est agressive. Elle blesse les gens que j’aime.

Je blesse les gens que j’aime.

J’ai 30 ans alors ça fait 15 ans que ça dure.

J’en ai fait du chemin. Mon sheitan avec le temps est devenu “bébé yetan”, il s’est estompé de ma personnalité doucement et aujourd’hui je ne nomme plus cette part de moi par un surnom. Elle s’exprime de moins en moins et avec de plus en plus de lucidité.

Parce que j’en ai pris soin.

Je me suis demandé : “comment puis-je être une personne aussi agréable et aimable dans la vie de tous les jours et péter les plombs comme ça une fois par mois ? (D’ailleurs c’était souvent au moment de mes règles et/ou de la pleine lune, moment que j’appelais “le combo du sheitan”)

“Est ce que je refoule la part de moi “vénère”, pas d’accord, en colère au quotidien au point de ne lui laisser que l’espace du combo du sheitan pour s’exprimer ?”

Surement…

Alors je suis devenue moins “fun”, moins agréable et aimable au quotidien.

Mon éducation m’a tellement formaté que je dois me reprogrammer à être moi même ! J’ai tellement refoulé depuis toujours la part de moi qui exprime son désaccord qu’elle explose ! En mode cocotte-minute à l’intérieur de moi depuis trop longtemps…

Je me suis mise à écouter attentivement à l’intérieur de moi ce qui était ok et ce qui ne l’était pas. J’ai du ré apprendre à écouter mon corps, mon cœur et ma tête me parler. Je leur ai tellement demandé de se taire. Je pensais que c’était la seule manière d’être aimé !
Je pensais que si je me mettais en colère on me rejetterai, on m’exclurai, on m’abandonnerai…

Rejet, exclusion, abandon. Aïe aïe aïe. Des blessures bien trop douloureuses. Alors je me suis forcé. J’ai fait taire la part de moi qui me mettrai en péril.

Mais au final. Je me suis tuée à petit feu à cause de ça.

Mon « être véritable » brule tellement d’être lui-même qu’il détruit tout autour de lui dans ces moments là.

J’ai trop besoin d’être moi-même. Et contrairement à ce qui est écrit sur presque tout mes bulletins scolaires d’enfant « élève agréable » et « élève souriante ». Je ne suis pas une femme agréable et souriante. Je ne suis pas plus agréable que désagréable. Je suis juste moi-même, traversée par tout un bordel d’émotions, d’envies, de besoins, qui galère à mettre en ordre tous les messages que son corps lui envoie. Et puis entre la tête, le corps et le cœur…

C’est pas facile !

Alors parfois je fais des trucs pas cool. Parfois j’suis pas sympa.

Hier, dans le cadre de ma formation de doula, j’écoutais une magnifique conférence TEDx “Faites confiance en votre intuition” de Céline Boura

A un moment Céline demande :
« Qu’êtes-vous prêt à lâcher de ce que vous croyez être à partir de maintenant ? »
Là j’ai senti quelque chose dire très clairement et fermement en moi « que je suis gentille ».

« De quoi êtes-vous prêt à vous dépouiller pour être encore plus et encore mieux vous-même ? »
De cette étiquette de gentille !

Je n’en peux plus de ce truc que je me colle à la peau depuis trop longtemps. Je ne suis pas gentille. J’ai plein de part de moi extrêmement gentille, attentionnée, aimable et serviable. Mais je ne suis pas ça.

Elle demande aussi :
« Qu’est-ce que vous souhaiteriez qu’on écrive sur votre épitaphe le jour où vous ne serez plus là ».
Ce qui vibrait en moi était « Danseuse du chaos. Elle a sur transcender ».

(Long soupir)

Voila.

Pas de frissons

Pas d’illumination

Pas de sensation de cœur qui s’ouvre.

Il est 11h21, je ne m’aime pas plus qu’au début de l’écriture de cette page, je ne me juge pas moins, j’ai toujours envie de pleurer. La culpabilité m’assaille et je me dis que c’est un scandale de publier une page de journal intime comme ça qui risque de plomber le moral alors que ce que j’aime par-dessus tout c’est apporter de la joie et de l’espoir au gens.

Je crois que j’ai besoin de soutien.

Peut être que dans des pages futures ou dans un autre livre j’écrirais comment mon chemin avec l’hypnothérapie et les excès d’alcool est richissime en ressources et prises de conscience ! Mon dernier rdv est dans deux semaines. (Soupir de soulagement) J’avance. J’avance bien.

J’ai l’impression de me morfondre alors que mes avancées sont extraordinaires et que ce que je ne dis pas c’est que j’ai arrêté de fumer depuis plus de 5 mois et que ça faisait plus de 10 ans que je fumais ! Et puis pour justifier ce mood morose (parce que je me sens tout de même poussé à me justifier)… Je suis en période d’avant-règles alors la déprime c’est un peu la météo habituelle… !

C’est peut-être « journal intime d’une future maman » que je devrais écrire (haha). Parce que pour moi ces sujets de l’alcool et du tabac, je les trouve trop tabou dans le milieu de la périnatalité, ça me fait me sentir super seule. Et nulle.

Voila c’est posé.

Merci <3

*
🌠Par ici la suite…🤫